Une loi rétrograde adoptée, aucune réponse aux 5 vraies urgences agricoles
En bref :
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AgroBio Périgord et la FNAB dénoncent la loi d’urgence agricole, estimant qu’elle menace l’eau, la santé et ignore la réalité du changement climatique.
- 5 urgences : AgroBio Périgord et la FNAB demandent d’indemniser les pertes liées aux canicules, d’accompagner la transition agroécologique, de protéger la santé face aux pesticides de synthèse, de préserver l’eau potable et de relancer la filière bio.
- Revendications : Pour y parvenir, elles exigent notamment de classer les canicules en calamité agricole, d’appliquer le quota de 20 % de bio dans les cantines (loi Egalim), d’augmenter les aides financières à la bio et de leur garantir une place dans les commissions d’eau.
Le 23 juillet 2026,
Le projet de loi d’urgence agricole voté par les deux chambres menace l’eau et la santé humaine. Il passe à côté des solutions dont le monde agricole a vraiment besoin pour s’adapter face au dérèglement climatique. AgroBio Périgord et la FNAB appelle l’Etat, les parlementaires et les collectivités à s’atteler dès à présent aux 5 véritables urgences agricoles.
Le changement de modèle agricole, grand absent du projet de loi
Malgré les records absolus de température qui se sont succédés, ce projet de loi loupe un rendez-vous historique. Il propose un avenir agricole basé sur une ressource en eau abondante, régulière et disponible, méconnaissant la réalité climatique et agricole puisque moins de 7% des surfaces sont aujourd’hui irriguées. Il systématise le recours au stockage de l’eau sans réflexion sur les productions qu’on veut irriguer ou le modèle agricole qu’on veut soutenir. Il refuse de suivre les derniers rapports institutionnels qui recommandent vivement le développement des pratiques agroécologiques pour répondre aux enjeux de quantité d’eau[1] et celui de l’agriculture biologique pour protéger les captages[2]. Il acte de graves reculs dont la réintroduction de deux pesticides de la famille des néonicotinoïdes et l’abandon de la hiérarchie des usages de l’eau.
« Même si on doublait les surfaces irriguées, 85% des surfaces resteraient sans accès à l’eau, donc faire croire aux agriculteurs que cette loi leur apportera des solutions face au réchauffement climatique, c’est leur mentir dans un moment où nous n’avons plus le temps de regarder ailleurs » alerte Olivier Chaloche, Co-président de la FNAB.
Cinq véritables urgences agricoles à relever dès maintenant
Le monde agricole vaut mieux que cette loi. Il est urgent d’agir autrement pour répondre aux défis climatiques, sanitaires et économiques auxquels l’agriculture française est confrontée :
- Soutenir les pertes de récoltes et de cheptels liées aux canicules
- Accompagner toutes les fermes vers l’agroécologie pour que la France soit plus robuste face au dérèglement climatique
- Protéger la santé des agriculteur∙rices, riverain∙es et consommateur∙ices face à l’explosion des maladies liées aux pesticides de synthèse
- Préserver les captages d’eau potable en rémunérant les fermes qui se passent de pesticides et engrais de synthèse
- Relancer les installations et conversions de fermes biologiques pour répondre à la reprise de la consommation bio
« L’ordre des médecins s’est mobilisé contre la loi d’urgence agricole car nul ne peut plus ignorer les problèmes de santé qui explosent et sont directement imputables aux pesticides de synthèse : cancer, troubles du neurodéveloppement, parkinson, baisse de la fertilité masculine… Il en va de notre responsabilité collective de soutenir les fermes qui cessent d’utiliser ces molécules dangereuses. » rappelle Olivier Chaloche.
AgroBio Périgord et la FNAB appelle l’Etat, les parlementaires et les collectivités à se mobiliser pour relever ces cinq urgences en commençant par :
- Le classement des canicules en calamité agricole
- Une vraie application d’Egalim dans les restaurants collectifs (20 % produits AB) et dans les filières biologiques avec des indicateurs de coûts de production dans chaque filière et une obligation d’en tenir compte dans la fixation des prix d’achats
- Des soutiens financiers pour rendre attractive l’agriculture biologique : hausse de l’écorégime bio, aides bio sanctuarisées et bien dotées dans la future PAC, régime cadre « paiement pour services environnementaux » dédié à l’agriculture biologique
- Des mesures systématiques de développement de l’agriculture biologique dans les programmes d’actions des captages d’eau potables coordonnés par les collectivités (captages non exonérés) et Préfet∙tes (captages prioritaires)
- Un poste dédié pour un représentant de l’agriculture biologique dans les commissions locales de l’eau, dans le cadre de l’augmentation des représentants agricoles (article 5 de la LUA)
Contact
Nathalie VERDIER, porte-parole d’AgroBio Périgord, 06 95 09 20 63 — presse@agrobioperigord.fr
[1] L’eau en 2050 : graves tensions sur les écosystèmes et les usages, HCSP 2025
[2] Prévenir et maîtriser les risques liés à la présence de pesticides et de leurs métabolites dans l’eau destinée à la consommation humaine, Igas/IGEDD/CGAAER, 2024