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Publié le 09/07/2026Politique, Agronomie, Toutes filières

Loi d’Urgence Agricole, AgroBio Périgord exige le retrait du projet de loi

En bref :

  • En pleine canicule en Dordogne et plus largement en France, AgroBio Périgord dénonce le texte de la Loi d’Urgence Agricole (LUA) amendé par le Sénat.

  • Ce texte nie la réalité climatique en misant à outrance sur le stockage de l’eau, tout en favorisant l’agriculture productiviste au détriment des solutions écologiques comme l’agriculture biologique.

  • Ce texte déséquilibré va aggraver les tensions locales entre agriculteurs et riverains concernant le partage et la pollution de l’eau.

Le 9 juillet 2026,

Alors que les canicules s’enchaînent et que les cours d’eau de la Dordogne voient leurs débits chuter sous les seuils d’alerte (interdiction de prélèvement d’eau dans 13 cours d’eau), les tensions sur la ressource en eau s’exacerbent. Les agriculteur·ices ont besoin d’eau pour produire, c’est une évidence, mais le texte amendé par le Sénat n’apportera pas les solutions dont le monde agricole a besoin pour s’adapter face au dérèglement climatique. En revanche, il creusera un peu plus le fossé qui sépare agriculteur·ices et citoyen·nes. AgroBio Périgord demande au gouvernement de ne pas laisser voter dans l’urgence un texte si déséquilibré.

 

La copie du Sénat va alimenter les tensions autour de l’eau

Avec la LUA (Loi d’Urgence Agricole), les Sénateurs loupent le coche d’un rendez-vous historique. Le texte propose un avenir basé sur une ressource en eau abondante et régulière, méconnaissant la réalité climatique. En systématisant le recours au stockage de l’eau sans réflexion sur les productions qu’on veut irriguer ou les volumes réellement disponibles dans nos cours d’eau — comme le Céou, la Vézère, l’Isle ou la Dronne qui souffrent de manière précoce chaque été — les sénateurs font fausse route.

 

De plus, en renforçant le pouvoir de l’agriculture productiviste sur les instances de l’eau au détriment du reste de la société, et en supprimant les solutions comme la bio pour protéger l’eau des pollutions agricoles, les sénateurs renforcent les conditions d’une multiplication des conflits locaux sur l’eau.

 

« À quelques mois des élections sénatoriales, ce texte met en concurrence les usagers et souffle sur les braises d’un sujet déjà brûlant. Si on permet d’irriguer n’importe quoi, n’importe quand, on fonce droit vers une multiplication des conflits locaux entre agriculteurs et riverains, comme c’est déjà le cas sur la question des pesticides et de la pollution des captages. », souligne Gérard GIESEN, co-président d’AgroBio Périgord.

 

La sobriété et l’agroécologie pour préserver la ressource en eau

Oui, l’agriculture a besoin d’eau, comme la population et les écosystèmes. Seul un scénario collectif de sobriété et de développement de l’agroécologie limitera les tensions. Quand l’eau devient rare en Dordogne, que doit-on irriguer en priorité ?Doit-on s’obstiner à perfuser des cultures de maïs grain hautement exigeantes en eau en plein été, ou doit-on sécuriser en priorité l’arboriculture, le maraîchage et les fermes qui nourrissent directement les Périgourdin·es en circuits courts ? Doit-on mettre sur un pied d’égalité l’accès à l’eau pour les cultures exportées et celles qui nourrissent le territoire ? Ce sont là les vraies questions de souveraineté alimentaire, valables pour l’ensemble des territoires, que les sénateurs ne se sont pas posées.

 

Dans un rapport de 2019, l’Agence de l’eau Seine-Normandie soulignait déjà notamment l’importance du soutien financier aux pratiques agroécologiques comme mesure d’aide à l’adaptation. Le travail des agences de l’eau ne serait-il pas parvenu aux oreilles du Sénat ?

 

« En bio, on n’est pas épargnés par la canicule, pour certains c’est très dur et l’absence d’accès à l’eau crée des inégalités entre nous. Il faut retravailler un système de gestion des risques qui permette aux agriculteurs de vivre avec ces nouveaux aléas, là-dessus le projet de loi ne dit rien du tout. Face à nos sols de plateaux calcaires ou nos terres sablonneuses qui retiennent peu l’humidité, la priorité doit être redonnée à l’agronomie. En bio, on travaille pour avoir des sols plus riches en matière organique, plus couverts, on maintient des haies et des zones humides, ce qui augmente la capacité du sol à stocker l’eau. On ne peut pas parler usages de l’eau sans parler pratiques agricoles », ajoute Gérard GIESEN, porte-parole d’AgroBio Périgord.

 

Le Conseil d’administration d’AgroBio Périgord

 

Contact

Gérard GIESEN, co-président d’AgroBio Périgord, 05 53 82 43 55 — presse@agrobioperigord.fr